Accueil Date de création : 28/10/07 Dernière mise à jour : 11/02/09 17:42 / 34 articles publiés

Critiques

wall.E ou le robot à la recherche de son âme  (Critiques) posté le jeudi 24 juillet 2008 10:31

      Wall.E est sans doute le meilleur blockbuster de cet été pourtant chargé. Depuis 1995 et la sortie de Toy Story, Pixar a constamment su se réinventer et évoluer en évitant tous les pièges que tout le monde leur prédestinait ; en restant fidèles à eux-mêmes, à leurs idéaux, leurs rêves et leur passion, ils ont su créer des films parmi les plus marquantes de ces 13 dernières années, et ils ont appliqués cette philosophie à l'intérieur même de leurs films. Depuis, ils semblent avoir été traversé par une crise de conscience : la civilisation moderne court à la catastrophe, et il faut le faire savoir.

      Un tel sujet n'est pas sans risques. D'abord parce qu'il risque de tomber dans le didactisme le plus crasseux, ensuite parce qu'à la fois tellement proche et tellement loin de nous, une quelconque réflexion dessus risquerait de faire sortir le spectateur du film pour ne plus l'impliquer qu'à un niveau intellectuel. La solution : proposer un entertainment de qualité, laisser le discours politique en arrière-plan ou en sous-texte, et multiplier les niveaux de lecture. C'est maintenant qu'entre en scène Wall.E.

      Wall.E est un robot qui ne fait qu'exécuter une action vide de sens et d'efficacité (premier niveau, apparence sociale), en réalité il est un être mélancolique qui passe ses soirées à rêver tout seul (deuxième niveau, état réel des choses). Il est un robot qui range les ordures pour nettoyer la Terre (premier niveau, projection dans le futur), mais aussi un être prisonnier de sa fonction sociale, conçu pour faire encore et encore la même action inutile (deuxième niveau, transposition dans le présent). Cette multiplication des niveaux de lecture ne s'arrête pas là, puisque outre les personnages, les actions prennent souvent un sens nouveau à la lumière d'une autre action, et, film de science-fiction oblige, la direction artistique joue un rôle majeur dans la compréhension de l'univers et la mise en place des enjeux « de fond ».

      Mais tout cela ne serait absolument rien s'il n'y avait pas derrière un vrai scénario pour tenir le tout, et heureusement : c'est le cas. Car ce qui frappe à la vision de Wall.E, c'est à quel point tout semble simple et facile. Le film ne compte absolument aucun moment inutile, pas une seule scène ne dure trop ou pas assez longtemps, aucun dialogue ou regard n'est en trop ; rien de ce qui sert à guider la pensée du spectateur n'est trop lourd (ni lourd du tout d'ailleurs). Quiconque s'est déjà posé un jour trois questions sur les mécanismes narratifs ne pourra qu'être ahuri devant la qualité exceptionnelle du scénario dont la simplicité apparente n'a d'égal que sa perfection (le meilleur scénario Pixar à n'en pas douter). Et là où on pouvait reprocher à Ratatouille quelques problèmes de rythme ou une fin à rallonge un brin lourdingue (en tout cas au regard de la qualité de ce qui précédait), Wall.E est absolument exempt de défauts de scénarios, à tel point que l'on pourrait utiliser sans trop se tromper le mot « parfait ».

      Malheureusement, cette perfection scénaristique n'est pas égalée par la qualité de la réalisation. Car aussi efficace, claire et dynamique qu'elle soit, Stanton ne transcende jamais son sujet par elle et semble se reposer sur une caméra purement narrative, jamais émotionnelle. Cela ne veut pas dire que le film ne compte aucun moment de grâce (il y en a un paquet), mais juste qu'il se contente d'obéir efficacement aux besoins de son histoire, de ses personnages et de l'ampleur graphique de son univers. Bref, à ce niveau-là Stanton n'égale pas Bird, mais heureusement pour lui (et pour nous) le film franchit un nouveau pas dans la qualité graphique et d'animation. Non seulement les textures et les animations sont plus crédibles que jamais, mais en plus le travail fait sur la « caméra » du film pour donner la sensation d'images filmés donne réellement le sentiment de voir une histoire capturée par des objectifs et de la pellicule. Ce qui pourrait sembler n'être qu'un gadget prétentieux de la part de gens qui s'amusent avec leurs jouets de luxes, aboutit en réalité à un changement majeur dans la perception du film : plus question d'admirer la technique du film, lorsque Wall.E joue avec ses chenilles, on ne regarde pas un fantastique travail d'animation, on regarde un robot triste qui passe le temps comme il peut, et qui joue avec ses chenilles ! A partir de là, le film offre une suspension d'incrédulité totale et se vit en immersion complète sans aucun moment pour reprendre son souffle, et sans aucun moment pour se détacher du personnage principal.

      Car au delà de toute signification, propos ou thème, ce qui rend Wall.E si attachant, c'est qu'il est à la fois fort, débrouilleur, volontaire et courageux, mais aussi naïf, timide, innocent et dépourvu de la moindre dose de cynisme. Incarnation de l'innocence (ou volonté d'innocence) qui sommeille en chacun de nous, Wall.E est la force tranquille qui réclame son droit le plus élémentaire : vivre. Mais cette réclamation ne vient pas (et ne peut pas venir) tout de suite, car il commence prisonnier de son statut social, condamné à ranger encore et encore des détritus sans que cela ait l'air d'avoir le moindre impact sur son environnement, et rêve doucement chaque soir en regardant un film qui lui laisse espérer une vie meilleure.

      L'arrivée d'Eve viendra reconfigurer les règles de son petit monde en mettant à sa portée un rêve qu'il croyait inaccessible. En accédant au bonheur (ou à l'espoir du bonheur), Wall.E s'est transformé et a trouvé sa raison de vivre, une raison de vivre pour lequel il est prêt à se battre quitte à y laisser ses boulons, et c'est en trouvant cette raison de vivre que Wall.E réussit finalement à accéder à son âme (celle dont il rêve chaque soir devant son écran) et à résoudre les conflits. A travers cette histoire simple, Pixar semble nous mettre en garde contre la vie moderne qui finit par faire de nous des zombies sans âmes plongés dans un demi-sommeil, et c'est cette absence d'âme qui nous rend capable de faire ce que nous faisons à notre Planète. Le cinéma sauve l'âme qui sauve la planète, qui a dit que les histoires étaient une perte de temps ?

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Une Affaire de famille rondement menée  (Critiques) posté le vendredi 06 juin 2008 10:58

Un bien étrange film que cette Affaire de famille. Un film « simple », modeste avec une certaine apparence de téléfilm, mais qui pourtant contient des qualités qui manquent à plus de 90% de la production ciné française.

Car ce qui frappe avec cette Affaire de famille (et qui l'éloigne de tous les autres films français, qu'ils soient de genre ou non) c'est à quel point il parvient à toucher son but sans aucun problème, et cela étant fait il n'a aucun mal à finir, aucun mal à ne pas trop en faire, aucun mal à ne jamais faire étalage de son intrigue pourtant compliqué qu'il nous fait progressivement comprendre avec une efficacité déconcertante. Certains auraient essayés la frime, d'autre la sobriété faussement modeste, les auteurs de cette Affaire de famille ont tout simplement essayé de faire un bon film, et heureusement pour nous, ça se sent.

En apparence, un simple thriller franchouillard prêt à remplir un prime-time de France 3, un faux film de genre qui s'intéresserait plus à ses moments de comédie qu'aux passages obligés du thriller, passages que de toute façon il ridiculiserait dans le but de s'accorder la sympathie du public (et des critiques) pour qui le cinéma de genre est une affaire d'ado et pré-ado.

En réalité, un vrai film malin et prenant, honnête et modeste qui parvient l'exploit de ne jamais perdre son spectateur grâce à une narration précise et travaillée. Mais on le sait bien, la seule clarté d'une intrigue n'a jamais fait d'un film une réussite, et la vrai réussite ici revient dans l'habile manipulation du spectateur que les auteurs s'amusent à faire partir dans toutes les directions, tout en ne lui mentant jamais (ils sont beaucoup plus malin que ça puisqu'ils se contentent de jouer sur ce que l'on voit et ce que l'on ne voit pas, ce qui évite au passage d'être trop embrouillé), et ce qui réellement incroyable c'est la simplicité désarmante avec laquelle chaque élément, rebondissement ou révélation nous est donné, tout en ayant un véritable impact à la vision du film.

Malgré cela, le film souffre de quelques défauts, à commencer par l'aspect téléfilm qui ressort de sa photo assez plate, de sa direction artistique plutôt pauvre, de ses mouvements de caméra qui se contentent la plupart du temps de suivre les acteurs, ou encore de tout un tas de tics français assez énervant comme le fait de faire tourner la plupart des réunions de famille autour de la cuisine et de l'heure d'un repas. Certes, dans la réalité le repas est le moment de « réunion » et d' « échanges » par excellence, mais au cinéma ça commence à devenir lassant. Autre défaut, le personnage de la fille, une ado que les auteurs ne maîtrisent visiblement pas, puisqu'ils ont décidés de rester dans le cliché de la jeune fille un peu rebelle qui répond à ses parents, et s'il n'y avait pas une partie du film qui lui était consacré (permettant ainsi d'alléger le cliché), nul doute que cela n'aurait pas passé.

Mais n'ayez crainte, car tous ces défauts n'enlèvent rien ou pas grand chose au plaisir ressenti devant le film qui reste d'une maîtrise narrative assez exemplaire. Enfin, le film réussit à surprendre par rapport à ce qu'il promettait (dans le ton, les personnages, l'intrigue, etc.) tout en donnant exactement ce qu'il promettait (dans le ton, les personnages, l'intrigue, etc.), preuve de plus que la réussite n'est pas une question de genre ou de moyen, mais est avant tout une question de travail, de rigueur et d'intégrité artistique. Réjouissons-nous donc, car il existe encore en France des gens qui savent raconter des histoires, autant en profiter.

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Le nouveau protocole...nouveau ? vraiment ?  (Critiques) posté le mardi 25 mars 2008 09:00

Si je vous disais que j'attendais ce film avec impatience, je serais en train de faire un gros mensonge. Il faut bien avouer qu'à force d'être déçu par la plupart des promesses de film de genre français populaires et ambitieux, on apprend rapidement à se méfier du premier gars qui passe par là et qui prétend, au choix, « renouer avec le cinéma d'antan », « réconcilier le cinéma engagé avec le cinéma populaire » ou « réhabituer le public à voir autre chose que la comédie du dernier comique télé qui passe par là ». Quid de ce Nouveau protocole donc ? Ben devinez tiens...

Ce qui est agaçant c'est qu'on retrouve toujours le même schéma. C'est-à-dire une tentative « noble », de bonnes intentions, une réelle volonté de remplir le cahier des charges du genre, des acteurs impliqués, un budget qui visiblement n'a pas handicapé le film, des cascades qui ont de la gueule, une unhappy-end de rigueur... Et puis tout ce qu'on réussit à récolter ce sont quelques moments où la mise en scène réussit parfaitement à s'accorder au jeu de Clovis « hé y a encore trop de films sans moi ! » Cornillac, quelques plans lors des séquences dites « d'action » qui réussissent à faire naître un semblant de tension, quelques bonnes idées dans les séquences de poursuite, une intro et une fin qui ont le mérite de ressembler à quelque chose, quelques notes de musique qui valent le détour...et c'est tout. Pour le reste on se tape des discussions interminables, des sur-jeux insupportables, des pseudo-scènes engagées, et forcément – pour faire bon genre – des scènes « intimistes » (comprendre : il se passe rien, la caméra fait moins que le minimum, et nous on s'ennuie).

Je ne vous apprend rien si je vous dis que l'écriture est complètement à la ramasse, sans rythme, sans structure, sans efficacité, les scénaristes ont même été jusqu'à montrer le fils mort en essayant de créer de l'empathie pour Clovis Cornillac (le père donc)...sans qu'on n'ait jamais vu le fils vivant ! Je suis pas un scénariste professionnel et j'ai jamais réalisé de long-métrage, mais que quelqu'un m'explique ! Comment peut-on en arriver à un tel point de bâclage qu'on en vient à se foutre aussi royalement de l'impact du film sur le spectateur ?

Enfin bref, tout ça pour dire que Le nouveau protocole, j'ai déjà oublié de quoi ça parlait.

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Mr-73, décevant mais bien quand même  (Critiques) posté le vendredi 14 mars 2008 17:04

Oyé oyé mes frères, réjouissons-nous car MR-73 vient apporter une pierre de plus à l'édifice de plus en plus solide du film de genre qui s'assume dans notre beau pays. Olivier Marchal que l'on avait découvert avec le mineurement efficace Gangsters et le mi-maîtrisé mi-maladroit 36 nous revient avec un nouveau film, apparemment bien décidé à mettre fin à tous ses démons intérieurs d'ancien policier. Mais au lieu de jouer la carte du « réalisme » vain et chiant (qui a dit Le petit lieutenant ?), Marchal s'est plongé corps et âmes dans son sujet, au point parfois d'en faire trop certes, mais avec un talent indéniable.

            Conforté dans ses choix par le succès tant public que critique de 36, Marchal n'avait plus aucune raison de ne pas se lâcher complètement dans un film apparemment assez personnel. Fini la distance froide de 36 et bonjour le premier degrés immersif, car si MR-73 marque une nouvelle étape dans la carrière cinématographique de l'ancien policier, c'est surtout comme le passage à un cinéma ouvertement travaillé et stylisé. Et qu'importe si cette direction parfois maladroite risque de provoquer quelques sourires cyniques parmi ses spectateurs, car le film de Marchal s'adresse avant tout à ceux qui sont prêt à se plonger sans hésiter dans l'univers de son film, ceux pour qui la conception du bien et du mal ne se résume pas qu'à un trait de caractère et qui comprennent que dans la noirceur du sujet et du traitement ne se trouve pas uniquement la négation des valeurs humaines, loin de là d'ailleurs.

            Disons-le clairement, ce qui risque de faire grincer le plus de dents est son aspect réac', limite faf, tant le film ne se positionne jamais clairement d'un côté ou de l'autre de la moralité. Seulement là où certains pourraient voir un film à la moralité douteuse (les actes du héros sont loin d'être « bien »), je ne vois qu'un personnage ouvertement montré comme détruit et qui sacrifiera son peu d'humanité restante pour sauver la représentation de l'innocence du film. En d'autre termes, Marchal montre ouvertement le caractère auto-destructeur du personnage d'Auteuil, ce qui ne le conduira qu'à une seule issue possible (devinez) pendant que l'autre personnage important du film lui aussi montré comme auto-destructeur au début, finira, grâce à Auteuil justement, par lâcher prise pour accepter la vie, là encore une seule issue est possible (devinez encore). Quant à l'histoire du tueur, Marchal a eu la bonne idée de rester dans le flou, donnant des indices pouvant aller dans les deux directions possibles. Au spectateur de se démerder avec ça et d'interroger sa propre conscience.

            Visuellement c'est un Marchal en pleine forme et pleinement confiant que l'on retrouve. Décidé à améliorer sa mise en scène coûte que coûte, le bonhomme détruit toutes les limites qu'il s'était fixé, cherchant sans cesse à toucher l'émotion plutôt que l'intellect via une caméra qui a parfaitement compris le sens du mot « subjectivité ». Notons aussi que, malgré cela, le film reste parfaitement lisible, même sur un grand écran (à deux-trois séquences prés, certes), ce qui est suffisamment rare pour être souligné. On note aussi la photo extrêmement (trop ?) contrastée ou la musique immersive de Bruno Coulais qui achèvent de donner un ton si particulier à ce film, dont la teneur formelle me faisait presque oublier que je regardais un film français (la dernière fois c'était...ah ben L'ennemi intime tiens).

            Malheureusement le film n'est pas parfait et souffre malgré tout du « mal français », à savoir le scénario, qui ressemble plus à une première version qu'à un produit fini et soigné. Les dialogues sont souvent maladroits et, malgré les efforts évidents des acteurs pour se plonger dans leurs personnages, sonnent souvent faux. Mais le gros point faible du film vient avant tout de sa construction narrative. Confus, mal structuré, trop lent, bourré de passages que l'on jugerait inutile, son scénario empêche MR-73 d'atteindre des sommets du film de genre. On regrette aussi que Marchal n'ait pas souhaité faire quelque « séquences opéras » (à la manière de l'introduction magistrale de 36) qui auraient permis de booster le rythme, ce dont il avait grand besoin. Les divers arcs narratifs (le policier, sa femme, ses ennemis dans la police, sa relation avec sa chef, la fille des victimes et son histoire familiale, le tueur, l'ancien tueur, le chat, le chien, etc.) s'entrecroisent sans jamais vraiment se nourrir, au point qu'on avance la plupart du temps dans le flou (c'est peut-être volontaire pour coller au héros, certes, mais dans ce cas il aurait fallut donner une dynamique narrative plus poussée...). Et comble du comble, Marchal semble se contenter, pour exposer les situations, de gens qui discutent dans des pièces (réflexe d'ancien policier ?), ce qui à la longue est un peu lassant, surtout quand la mise en scène ne semble pas changer d'un poil.

 

            Bref, on regrette amèrement la pure bombe que Marchal aurait pu lâcher avec une narration plus travaillée, mais en l'état le film reste largement respectable, film noir immersif questionnant la part d'humanité que chacun porte en lui, doublé d'un film de genre couillu respectueux de ses spectateurs. Alors c'est un peu lent certes, mais c'est tellement rare en nos contrées qu'il serait dommage de passer à côté.

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John Rambo - la rédemption  (Critiques) posté le samedi 16 février 2008 10:01

Après avoir effectué le brillant revival de Rocky, Stallone ne pouvait pas passer à côté celui de son autre grand personnage : John Rambo. Et heureusement pour nous, la réussite est à la mesure de Rocky Balboa.

 

            Film violent, sombre, noir et désespéré, John Rambo est une véritable surprise dans la mesure où derrière le pur film d’exploitation se cache une vraie réflexion et de vraies questions auxquelles Stallone a eu la bonne idée de ne pas apporter de réponses dogmatiques. Pur film de guerre qui filme la barbarie sans complaisance ni recul, John Rambo intime à son spectateur de se poser des questions sur les véritables motivations d’un homme dans la guerre. Car au final, le sacrifice ultime ne serait-il pas le sacrifice de son humanité au profit d’une rationalité (inhumaine) plus propice à la guerre ? Mais peut-on réellement sacrifier son humanité ?

            C’est ce que refusera finalement Rambo. Ancienne machine de guerre qui a perdu sa foi en l’humanité et ne veut plus rien à faire avec elle…jusqu’à ce qu’une femme missionnaire vienne lui demander de l’aide, lui permettant de refaire contact avec son humanité, lui redonnant un but dans sa « vie » (« existence » serait plus juste), et le poussant à retourner au combat, un combat pour les autres, donc un combat pour son humanité, donc un combat pour lui-même d’un homme dont l’accomplissement passe par l’acceptation de sa nature (nous ramenant à la voix off « you killed for yourself », tu as tué pour toi).

 

            Mais si le film est une vraie réussite, c’est qu’il a le bon goût d’être aussi un vrai divertissement mené tambour battant par un Stallone en grande forme. Alors évidemment on peut regretter certains parti-pris de mise en scène un peu énervant (caméra à l’épaule et surdécoupage qui entraînent un manque de lisibilité), l’énergie, la barbarie, la violence et finalement l’humanisme qui se dégage du métrage suffit largement à en faire l’un des incontournables de ce début d’année.

 

(cela dit, plus j’y repense et plus je me dis que ça aurait été un film en or pour McTiernan…)

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