Ce qui énerve avec cette adaptation du premier tome d'à la Croisée des mondes, c'est que le film n'est pas particulièrement mauvais, il est juste raté.
Raté, car même si le résultat final manque sérieusement de souffle pour de la fantasy à gros budget, on ne peut pas s'empêcher de rêver à ce que le film aurait pu être avec un scénariste/réalisateur qui comprenne réellement l'univers dans lequel son film évolue. La production design est loin d'être honteuse, elle est même plutôt réussie, donnant une réelle identité visuelle au film, les effets spéciaux représentent le haut du panier de ce qui se fait actuellement et leur utilisation est toujours crédible, le casting encore est quasiment sans fautes puisque chaque personnage a sa propre identité en harmonie parfaite avec l'univers du film, et enfin la musique sait illustrer de manière somme toute assez correcte les évènements narrés. Alors quoi ?
Alors tout simplement que Chris Weitz n'est tout simplement pas à l'aise dans cet univers dont il n'arrive pas à comprendre le fondement même de son fonctionnement, à savoir le sentiment de réel. Le bougre s'imagine qu'en enchaînant les évènements sans jamais se poser, il va réussir à garder le spectateur en haleine. Erreur ! Car ce faisant, il bâcle l'intégralité de ses séquences réduites à un simple enchaînement d'informations et de présentations de personnages sans jamais poser réellement son univers. L'intro du film est à cette image : Weitz veut présenter l'univers du film comme un monde alternatif, mais ce faisant il en détruit tout naturel qui aurait pu lui donner sa force. Bref, il n'arrive jamais à faire exister son univers, ce qui est tout de même sacrément gênant pour l'implication du spectateur. Le pire dans tout ça, c'est que les passages explicatifs sont d'une lenteur et d'un enlisement effarent, Weitz ne sachant jamais quand il faut simplifier et quand il faut s'étaler (l'introduction est à ce titre un monument de non-efficacité).
De plus, Weitz néglige tout l'intérêt de construire toute montée dramatique, puisqu'il croit qu'il suffit de tout balancer d'un coup (actions, musique, mouvements de caméra) pour créer une tension, oubliant qu'une tension a besoin d'être amenée.
Résultat : la désagréable impression de n'assister qu'à une suite d'actions mal liées entre elles et par dessus tout artificielles. Le seul intérêt dans tout ça c'est d'imaginer ce à quoi le film aurait pu ressemblé dans des mains expertes, une nouvelle manière d'aborder la suggestion en somme...





























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