Après avoir rapidement passé sur un
détail de mise en scène, poussons
l'analyse un peu plus loin sur l'analyse l'entrevue John/Holly dans
un bureau du Nakatomi Plaza.
Récapitulons les
évènements. John McClane, policier basé
à New-York est marié à Holly McClane, mais
celle-ci a l'opportunité de faire carrière au sein du
siège américain d'une société
japonaise, siège basé à Los Angeles, ce qui
n'est pas sans engendrer certains problèmes de couples.
Problèmes que vient essayer de régler (ou du moins
d'atténuer) John McClane en acceptant de venir passer
Noël à Los Angeles en compagnie de sa femme et de ses
enfants (partis vivre avec leur mère).
Une fois à Los Angeles,
John McClane est conduit jusqu'au siège de la
société où se déroule une
réception à double sens : d'un côté la
célébration de Noël, de l'autre celle d'un
marché nouvellement passé. Arrivé dans le
hall, McClane réalise (grâce à un gadget
électronique dont l'utilité semble n'être que
purement cinématographique) que sa femme a repris son nom de
jeune fille (Gennero donc), ce qui annonce déjà de
nouvelles frictions.
A la réception, McClane ne
tarde pas de trouver sa femme avec qui il s'isole quelque instants
dans le bureau personnel d'un collègue d'Holly (bureau muni
d'une salle de bain privée, précisons-le).
P1A
P1B
P1C
P1D
Holly semble ne pas se sentir
très concerné par John McClane puisqu'elle porte
toute son attention sur un objet quelconque, objet ayant tout de
même un rapport avec son bureau et donc symbolisant le
côté carriériste qui est en elle. Pendant ce
temps, John va à la salle de bain en traversant le cadre de
la droite vers la gauche, mouvement négatif par excellence
(sens occidental de lecture oblige), induisant donc un air
négatif à la situation.
(remarquez au passage la lampe de
bureau qui va servir plus tard dans la séquence)
P2B
Vexé par l'indifférence
relative que lui porte Holly, John s'enferme dans son
« petit coin », cadré de
manière à donner l'impression qu'il pousse Holly
contre le bord droit du cadre, de manière fort peu courtoise
par ailleurs. Notons que le miroir permet d'avoir un McClane
clairement isolé gauche cadre et l'autre qui donc peut
pousser Holly (sans miroir, le sentiment émanant du plan
aurait été tout autre).
Ce « petit
coin » est important car il représente le monde
intérieur de John dans tout ce qu'il a de négatif
(isolement, ego, bêtise relative, etc.), avec notamment le
miroir qui nous montre la dualité de McClane : d'un
côté un mâle blessé dans son orgueil (le
McClane « vrai » dirigé vers la gauche
et qui pousse Holly contre le bord du cadre) et de l'autre le mari
aimant qui aimerait sincèrement que ces problèmes
soient résolus (isolé à gauche du cadre comme
Holly l'est à droite, et dirigé vers la droite, donc
vers Holly et le dialogue).
P3A
En parlant, John évoque le nom
d'un endroit de Los Angeles (ou alentours) où l'un de ses
anciens collègues policier a prit sa retraite. Il fait une
faute dans le nom (il dit « Romona » à
la place de « Pomona »), et il est
instantanément reprit par sa femme qui pour le coup
n'hésite pas à sortir un grand sourire.
Retour au premier plan, où
Holly est présentée comme une carriériste
forte de caractère et autonome (la composition du cadre
semble lui donner une certaine assurance face à John), avec
notamment la lampe de bureau qui rappelle donc les bureaux et par
extension la carrière d'Holly.
L'usage de la longue focale permet
à McTiernan de travailler son cadre en pures lignes et
formes, avec les lignes verticales (à droite d'Holly) qui
évoquent sa puissance sur les lignes horizontales (à
gauche d'Holly), sans oublier la confusion des formes dans la
plante du côté de McClane (qui
décidément, n'est pas adapté à la
bureaucratie).
Enfin la lampe de bureau offre une
ligne diagonale qui monte (puisqu'on lit naturellement de gauche
à droite), associant la carrière d'Holly (elle
s'élève socialement) à quelque chose de
positif (la diagonale est dirigé vers la droite). Notons au
passage que le bas de la diagonale est du côté de
John, et le haut du côté d'Holly...
P4A
John est prit de court : sa femme en
sait plus que lui sur quelque chose (surtout que ce quelque chose
se rapporte encore à la carrière d'Holly). Bref : son
erreur l'a exposé (lorsqu'on est prit en défaut, on a
souvent l'impression que les autres sont plus omniscients que
nous), et son « exposition » est
symbolisé par...la lampe de la salle de bain, lampe beaucoup
moins sophistiquée que la lampe de bureau (à laquelle
elle répond) et plus immédiatement
éclairante...donc plus simple, ce qui est une des
caractéristiques de John McClane qui n'entend pas grand
chose aux systèmes bureaucratiques ou au monde dans lequel
sa femme fait carrière.
Notons aussi les bords de l'ouverture
de la salle de bain à droite et gauche du cadre, symbolisant
l'isolement et l'inconfort de John dans le monde d'Holly. Ces
lignes verticales sur lesquelles John n'a aucun contrôle
(puisqu'elles sont devant lui par rapport à la
caméra, il ne peut pas les « briser »
mais juste passer derrière) sont à mettre en relation
avec les lignes verticales du Plan 3...où elles montrent
toute la puissance d'Holly.
P4C
Vexé, John s'essuie l'aisselle
droite, de sorte que son bras droit cache son visage.
P5C
Holly se rend compte de la vexation
de John et tente de rééquilibrer la balance en
faisant une offre amicale : « J'ai une chambre d'amis.
Elle n'est pas immense mais les enfants seraient
heureux. »
P6B
Au moment où Holly prononce
« chambre d'amis », McClane se tourne sur sa
droite, il s'ouvre un peu plus, masque le bord droit de la lampe
derrière lui (il est moins
« obtus »).
P7A
Holly : « les enfants seraient
heureux »
John prend légèrement
plus de place dans le cadre (comparez l'espace entre sa hanche et
la lampe des plans 5 et 7), il s'affirme plus (son rôle de
père aidant).
P8B
John sourit, il s'ouvre et devient
vulnérable l'espace d'une seconde...
P9A
...ce qui ne manque pas de provoquer
un regain d'amour de la part d'Holly (sa respiration fait
ostensiblement bouger sa poitrine juste avant sa réplique du
plan : « I would too » -
« ça me ferait plaisir à moi
aussi »)
Petit moment romantique donc,
immédiatement suivi par son penchant comique puisque c'est
à ce moment précis qu'un couple excité rentre
dans le bureau.
P10B
L'arrivée du couple est
précédée montrée à l'aide d'un
panoramique vers la gauche. Théoriquement le mot
« gauche » suffirait à nous inciter
que cette entrée est filmée négativement, mais
ce serait oublier que lors d'un panoramique vers la gauche, le
mouvement à l'écran est vers la droite. Ducoup
plutôt qu'une intrusion désagréable,
l'arrivée du couple offre une légère pause
dans la scène un brin tendue, permettant au spectateur de
reprendre son souffle et servant en même temps de catharsis
à John et Holly qu'une certaine (mais légère)
tension sexuelle commençait à envahir.
L'arrivée du couple va donc leur permettre
d' « évacuer » cette
pensée (bouh, les vilains) pour mieux se concentrer sur les
points négatifs (le conflit étant la force motrice de
tout récit qui se respecte).
Enfin, notons un détail sur la
manière qu'a eu McTiernan de filmer le couple, à
savoir que le panoramique « de base » ne
cadre pas entièrement leurs visages qui sont dans un premier
temps caché à la caméra (le fait que les
acteurs font la tête à la caméra aide à
la mise en scène du bouzin). Dans un premier temps donc, le
couple est montré comme anonyme, représentant tous
les couples s'envoyant en l'air dans les soirées pendant
qu'on cuve son verre tout seul (ne mentez pas, vous êtes tous
passé par là).
Seulement problème : à l'arrivée des
terroristes à l'étage de la réception, ce
couple est la seule victime de la méchanceté des
méchants (ce sont les seuls que l'on voit maltraité,
pour le reste il n'y a que des tirs en l'air, des gens qui courent
dans tous les sens et quelques cris) et comme « plus
réussi est le méchant, meilleur sera le
film », il vaut mieux que le spectateur les aime un tant
soit peu pour pouvoir détester un peu plus les
méchants, et pour cela il faut – outre montrer leur
arrivée avec un mouvement gauche-droite dans le cadre
– qu'ils soient un peu humain, c'est-à-dire avec un
visage dont les traits nous évoque des émotions. Et
que fait la caméra ?
P10C
Et
voilà, il suffit d'un direction d'acteurs précise et
d'un léger pano vers le haut pour donner plus
d'émotion à l'arrivée des terroristes, lorsque
la charmante femme ici présente se fera emmener de force les
seins à l'air (ah, les années 80...).
Mais revenons
à nos moutons.
Holly regarde
le couple partir avec un air amusé, plutôt attendri.
Et dans quelle direction regarde-t-elle ?
P11A
Bingo ! Vers
la droite, ce qui n'allait pas forcément de soi puisque dans
le plan de départ du couple, le couple aussi regardait vers
la droite. Un raccord regard « correct »
aurait donc été un plan de derrière Holly
où celle-ci regarde vers la gauche du cadre.
Mais comme
McTiernan le sait bien, Holly n'est pas contre le couple, elle est
plutôt sur la même longueur d'ondes, sentiment
donné par les mêmes directions regards.
Holly,
poussé par le couple, va donc faire preuve d'une certaine
ouverture en disant « I missed
you »- « tu m'as
manqué », se plaçant ainsi en position de
faiblesse par rapport à John (une sorte de « la
balle est dans ton camp » puisque c'est de John que va
dépendre la suite de la discussion, Holly s'étant
enfin décidée à jouer cartes sur table).
P11C
Enfin notons
que de passer directement à ce plan permet de re-rentrer
plus rapidement dans la discussion John/Holly, comme si le couple
n'avait finalement aucune importance, comme si la
réconciliation entre les deux n'appartenait qu'à un
très hypothétique futur...
Néanmoins cet « indice » de ce qui va
suivre est bien trop court pour être consciemment
enregistré dans l'esprit du spectateur qui de fait garde
l'espoir que la situation est sur le point de s'arranger.
P12A
Le plan 12
confirme ce que le « I missed you » d'Holly
laissait déjà supposer : John a maintenant
l'avantage. Holly, cadrée à l'extrême bord du
cadre quand bien même rien ne l'oblige à y rester
(à l'inverse du Plan 2 donc), attend la réponse de
John qui maintenant n'a plus d'autre choix que de sortir de son
« cocon » [remarquons au passage la lampe de
bureau dont le haut est maintenant du côté de John et
le bas du côté d'Holly].
Comme je l'ai
déjà dis, le spectateur n'est pas conscient de
l'indice « négatif » donné par
le raccord Plan 10/Plan 11 et de fait attend une résolution
positive de la séquence.
Logiquement,
John s'avance vers le bord de la porte (la porte signifiant donc le
passage entre les deux mondes, celui fermé de John et celui
plus ouvert d'Holly), seulement au lieu de la traverser il s'y
arrête.
P12D

« I
guess you didn't miss my name » - « Mon nom
ne t'a pas manqué »
Réponse
sarcastique de John qui plutôt que d'utiliser l'ouverture
d'Holly pour faire un pas de plus vers la réconciliation,
préfère l'utiliser comme une faiblesse pour reprendre
le dessus psychologique (il est important pour le personnage que
l'échec de la « négociation »
lui incombe).
P13A
Holly est
coincée droite cadre et la seule solution possible pour elle
semble être d'aller encore plus vers la droite, de perdre du
terrain par rapport à John...à moins qu'une autre
solution s'offre à elle et la remette en position de force
(ou au moins sur un plan d'égalité).
Que voit-on
entre le bras et le tronc de John ? Quelle est cette
« chose » sur lequel John n'a pas de prise
malgré tous ses efforts ?
La lampe, donc
le bureau, donc la société, donc la carrière
d'Holly.
Et comment
répond-elle à John ? En invoquant sa carrière
pardi ! (« Les japonais
craignent que les femmes
mariées... »).
A
partir de là la tension monte et le montage suit en
accélérant pendant que le couple s'énerve
à propos d'une querelle qu'ils ont visiblement
déjà eu.
Mais là où l'on sent que l'on a un vrai cadreur
derrière l'objectif, c'est qu'il ne s'est pas
contenté de multiplier les plans en priant Dieu (ou Satan)
pour que le montage parvienne à créer
l'émotion voulue. Mais comment retranscrire la tension avec
des plans fixes ? Pas de caméra à l'épaule, de
zoom, de travelling, de panoramique, de tremblement quelconque...
et pourtant sans posséder un nombre faramineux de plan ce
passage parvient à absorber complètement le
spectateur.
Alors comment qu'il a fait le père McT ? Hein ? La
réponse est toute simple : il a réfléchi.
P15A
Ainsi au plan 15, l'actrice interprétant remue son corps de
façon discrète mais perceptible, puisque
précisément dans un espace de cadre extrêmement
restreint. Elle change également la direction de son regard
(vous avez déjà essayer de regarder dans toutes les
directions quand vous parlez à quelqu'un ? Essayez et vous
verrez la réaction de votre interlocuteur...).
P15C
P16C
Pendant qu'il parle, John lance quelque subtils regards vers la
gauche du cadre (négatif). Sans faire de longs travellings,
McTiernan exprime toute la violence et la dualité du
personnage de McClane en colère (notons toute fois que cette
économie de moyen pour ce plan précis n'est possible
que grâce à la mise en place qui a
précédé).
P17A
P17B
Holly change la direction de son regard.
P18B
Effet partiellement de montage puisque le changement
d'échelle de plan créé en lui-même une
« violence » retranscrivant le sentiment de
leur dispute. Le fait que le changement d'échelle se fasse
vers un plan plus serré renforce également le
sentiment de colère éprouvé par John.
P19A
P19B
Le
mouvement du bras de John créé une tension dans le
cadre.
A
l'arrière-plan (et pile poil derrière le bras) Holly
continue d'essayer d'éviter la conversation (de toute
évidence le discours que lui tient John lui semble
complètement dépassé et limite hors de propos,
il n'est pas question pour elle de remettre en cause sa
carrière).
P20I
P20L
Retour au plan serré sur John qui relance quelque petits
regards vers la gauche tout en parlant à Holly.
P21A
Holly commence à être littéralement
fatiguée de la conversation et doit déjà
commencer à penser à sortir du bureau.
P22A
L'idée continue d'être appuyée avec ce plan
où Holly (ré-)apparaît en position de faiblesse
par rapport à John qui pour le coup semble s'acharner
inutilement sur elle.
P23A
Malgré sa fatigue Holly décide de
contre-attaquer...
P24A
...jusqu'à l'arrivée de sa secrétaire. Son
irruption qui interromps la conversation est vitale d'un point de
vue scénaristique : elle créé une tension, une
attente de la suite des évènements et de fait donne
plus de puissance à l'arrivée des terroristes qui
vont briser cette attente (la subtilité est que
l'arrivée des terroristes est la véritable attente du
film que la dispute sert à éclipser
temporairement).
L'arrivée de la secrétaire n'est anticipé par
rien du tout, il s'agit d'un nouveau plan montrant la porte du
bureau s'ouvrir et la secrétaire apparaissant.
Plusieurs choses sont à noter dans ce plan. D'abord au
niveau des lignes horizontales que l'on trouvait dans les plans
d'Holly et que John a progressivement masqué. Ici elles
reviennent en force.
Ensuite, elle est cadrée à droite ce qui est aussi le
cas d'Holly.
Enfin, en rentrant elle regarde vers la droite, qui outre une
direction positive, est surtout une direction qui devrait l'amener
à regarder Holly...
P25A
P25B
...or le plan qui suit est un plan sur John. McTiernan a ainsi
choisi d'insister sur l'agacement de John face à l'intrusion
de la secrétaire. Il faut bien voir que la secrétaire
rappelle Holly à ses devoirs de cadre (ou quoi que soit son
métier hiérarchiquement bien placé),
l'empêchant ainsi d'être la victime de
l'énervement de John. Encore une fois, Holly échappe
aux prises de John grâce à sa carrière...
Visuellement, McTiernan a placé l'actrice de sorte qu'elle
masque la partie descendante de la lampe, elle en brise la ligne.
Elle n'est plus en position de faiblesse.
P26B
Acculée gauche cadre, la secrétaire regarde John avec
crainte. La porte créé une ligne verticale que la
secrétaire ne brise pas (elle est derrière), elle est
donc en position de faiblesse puisqu'elle n'a pas de prise sur son
environnement.
P27B
Le
contre-champ sur John le montre en train de lui faire comprendre
qu'elle n'est pas exactement la bienvenue, essayant d'accaparer
toute son attention alors que Holly (le but de la venue de la
secrétaire donc) attend droite cadre en position de
force.
P28A
P28B
Manque de bol pour John, son agressivité ne sert qu'à
pousser la secrétaire à dire ce qu'elle a à
dire un peu plus vite, se tournant vers le secours que constitue
Holly.
A
noter que l'angle de la caméra n'est pas le même que
celui du plan 26. Ici le plan laisse apparaître un
arrière-plan et notamment...des lignes, que la
secrétaire peut donc briser, suffisamment forte pour pouvoir
dire à Holly que tout le monde l'attend pour son
discours.
Enfin, remarquons que la secrétaire est cadrée
à gauche, ce qui la met en position de dialogue direct avec
Holly qui est...cadrée à droite.
P29A
Le
dialogue entre Holly et sa secrétaire évite
soigneusement John qui reste exclu (on a vu qu'il a en partie
provoqué cette exclusion).
Comme le héros du film (en même temps que le
personnage auquel le spectateur s'identifie) est John, c'est sur
lui que l'attention se porte dans le cadre, il a donc droit
à la netteté de la mise au point tandis qu'Holly
reste floue...mais elle accapare l'attention par son échange
avec la secrétaire.
On
voit donc bien ici comment McTiernan invite le spectateur à
« vivre » la conversation en
équilibrant astucieusement les différents niveaux
d'importance de chaque personnage.
Le
couple Holly/John est crédible parce-qu'il s'agit avant tout
d'un équilibre des forces (on évite ici le
héros beau fort et musclé qui sauve une pauvre une
frêle demoiselle, défaut régulièrement
reproché au cinéma d'action par tous ses
détracteurs).
P30A
P30B
Retour au plan de la secrétaire acculée gauche cadre
par le regard de John, elle quitte donc la séquence de son
point de vue, un point de vue restreint, limité et sans
profondeur de champ, un point de vue où le héros
n'est pas à l'aise avec son environnement et où il se
raccroche à ce qu'il connaît (Holly donc).
P31A
P31B
Retour au plan « écrasant » Holly
droite cadre. John a essayé de lui mettre la pression,
manque de bol ça la fait fuir...
P32A
P32B
...on inverse la direction pour avoir le départ de Holly
vers la gauche (négatif) laissant la lampe bien en
évidence (sa lumière se voit parfaitement bien
grâce au contraste avec le fond noir).
Notons que ce plan rappelle furieusement le premier plan dans
lequel c'était John qui traversait le cadre en amorce floue
de droite à gauche. Encore une fois leur couple est
bâti sur un équilibre des forces.
P32E
Pour insister sur la solitude de John, McTiernan fait durer le plan
(pas de coupe vers un plan plus serré par exemple). Sans
Holly, John n'a plus l'avantage sur qui que ce soit, de position de
force il passe à position de faiblesse.
Enfin comme le dit McTiernan dans le commentaire audio, John se
tape la tête contre le cadre de la porte : il ne s'aime pas,
il comprends qu'il a fait une erreur et s'en veut.
Seul, sa seule solution est de repartir vers la salle de bain.
P33B
Retour au même plan que plus tôt dans la
séquence, qui nous ramène à la notion de
dualité du personnage.
Debout, John a la tête coupée par le cadre en
« normal » tandis que son reflet a bien sa
tête, tête qui regarde vers la droite. Sans tête,
le John « normal » n'est ramené
qu'à une montagne de muscles bête et méchante,
le héros macho de base, opposé à l'image qu'il
a de lui (ou qu'il aimerait avoir...) d'un être plus
pensé, plus équilibré.
Alors que fait-il ?
P33E
Il
se baisse de sorte que son visage rentre dans le cadre. En se
tournant de cette manière, le John
« normal » est dirigé dans la
même direction que le John « reflet ».
Il s'accepte, et cette acceptation passe par une diminution de son
ego.
Comme on est au cinéma, il va avoir l'opportunité de
se racheter en faisant quelque chose qu'il sait faire :
débarrasser le Nakatomi Plaza des
« terroristes » pour regagner sa femme.
Expulser son besoin de destruction pour réussir sa vie de
couple en somme.
A suivre ?