Accueil Date de création : 28/10/07 Dernière mise à jour : 11/02/09 17:42 / 34 articles publiés

Die Hard - analyse séquence (1)  (Analyse séquence) posté le lundi 25 février 2008 16:16

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Après avoir rapidement passé sur un détail de mise en scène, poussons l'analyse un peu plus loin sur l'analyse l'entrevue John/Holly dans un bureau du Nakatomi Plaza.

 

Récapitulons les évènements. John McClane, policier basé à New-York est marié à Holly McClane, mais celle-ci a l'opportunité de faire carrière au sein du siège américain d'une société japonaise, siège basé à Los Angeles, ce qui n'est pas sans engendrer certains problèmes de couples. Problèmes que vient essayer de régler (ou du moins d'atténuer) John McClane en acceptant de venir passer Noël à Los Angeles en compagnie de sa femme et de ses enfants (partis vivre avec leur mère).

Une fois à Los Angeles, John McClane est conduit jusqu'au siège de la société où se déroule une réception à double sens : d'un côté la célébration de Noël, de l'autre celle d'un marché nouvellement passé. Arrivé dans le hall, McClane réalise (grâce à un gadget électronique dont l'utilité semble n'être que purement cinématographique) que sa femme a repris son nom de jeune fille (Gennero donc), ce qui annonce déjà de nouvelles frictions.

A la réception, McClane ne tarde pas de trouver sa femme avec qui il s'isole quelque instants dans le bureau personnel d'un collègue d'Holly (bureau muni d'une salle de bain privée, précisons-le).

 

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Holly semble ne pas se sentir très concerné par John McClane puisqu'elle porte toute son attention sur un objet quelconque, objet ayant tout de même un rapport avec son bureau et donc symbolisant le côté carriériste qui est en elle. Pendant ce temps, John va à la salle de bain en traversant le cadre de la droite vers la gauche, mouvement négatif par excellence (sens occidental de lecture oblige), induisant donc un air négatif à la situation.

(remarquez au passage la lampe de bureau qui va servir plus tard dans la séquence)

 

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Vexé par l'indifférence relative que lui porte Holly, John s'enferme dans son « petit coin », cadré de manière à donner l'impression qu'il pousse Holly contre le bord droit du cadre, de manière fort peu courtoise par ailleurs. Notons que le miroir permet d'avoir un McClane clairement isolé gauche cadre et l'autre qui donc peut pousser Holly (sans miroir, le sentiment émanant du plan aurait été tout autre).

Ce « petit coin » est important car il représente le monde intérieur de John dans tout ce qu'il a de négatif (isolement, ego, bêtise relative, etc.), avec notamment le miroir qui nous montre la dualité de McClane : d'un côté un mâle blessé dans son orgueil (le McClane « vrai » dirigé vers la gauche et qui pousse Holly contre le bord du cadre) et de l'autre le mari aimant qui aimerait sincèrement que ces problèmes soient résolus (isolé à gauche du cadre comme Holly l'est à droite, et dirigé vers la droite, donc vers Holly et le dialogue).

 

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En parlant, John évoque le nom d'un endroit de Los Angeles (ou alentours) où l'un de ses anciens collègues policier a prit sa retraite. Il fait une faute dans le nom (il dit « Romona » à la place de « Pomona »), et il est instantanément reprit par sa femme qui pour le coup n'hésite pas à sortir un grand sourire.

Retour au premier plan, où Holly est présentée comme une carriériste forte de caractère et autonome (la composition du cadre semble lui donner une certaine assurance face à John), avec notamment la lampe de bureau qui rappelle donc les bureaux et par extension la carrière d'Holly.

L'usage de la longue focale permet à McTiernan de travailler son cadre en pures lignes et formes, avec les lignes verticales (à droite d'Holly) qui évoquent sa puissance sur les lignes horizontales (à gauche d'Holly), sans oublier la confusion des formes dans la plante du côté de McClane (qui décidément, n'est pas adapté à la bureaucratie).

Enfin la lampe de bureau offre une ligne diagonale qui monte (puisqu'on lit naturellement de gauche à droite), associant la carrière d'Holly (elle s'élève socialement) à quelque chose de positif (la diagonale est dirigé vers la droite). Notons au passage que le bas de la diagonale est du côté de John, et le haut du côté d'Holly...

 

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John est prit de court : sa femme en sait plus que lui sur quelque chose (surtout que ce quelque chose se rapporte encore à la carrière d'Holly). Bref : son erreur l'a exposé (lorsqu'on est prit en défaut, on a souvent l'impression que les autres sont plus omniscients que nous), et son « exposition » est symbolisé par...la lampe de la salle de bain, lampe beaucoup moins sophistiquée que la lampe de bureau (à laquelle elle répond) et plus immédiatement éclairante...donc plus simple, ce qui est une des caractéristiques de John McClane qui n'entend pas grand chose aux systèmes bureaucratiques ou au monde dans lequel sa femme fait carrière.

Notons aussi les bords de l'ouverture de la salle de bain à droite et gauche du cadre, symbolisant l'isolement et l'inconfort de John dans le monde d'Holly. Ces lignes verticales sur lesquelles John n'a aucun contrôle (puisqu'elles sont devant lui par rapport à la caméra, il ne peut pas les « briser » mais juste passer derrière) sont à mettre en relation avec les lignes verticales du Plan 3...où elles montrent toute la puissance d'Holly.

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Vexé, John s'essuie l'aisselle droite, de sorte que son bras droit cache son visage.

 

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Holly se rend compte de la vexation de John et tente de rééquilibrer la balance en faisant une offre amicale : « J'ai une chambre d'amis. Elle n'est pas immense mais les enfants seraient heureux. »

 

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Au moment où Holly prononce « chambre d'amis », McClane se tourne sur sa droite, il s'ouvre un peu plus, masque le bord droit de la lampe derrière lui (il est moins « obtus »).

 

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Holly : « les enfants seraient heureux »

John prend légèrement plus de place dans le cadre (comparez l'espace entre sa hanche et la lampe des plans 5 et 7), il s'affirme plus (son rôle de père aidant).

 

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John sourit, il s'ouvre et devient vulnérable l'espace d'une seconde...

 

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...ce qui ne manque pas de provoquer un regain d'amour de la part d'Holly (sa respiration fait ostensiblement bouger sa poitrine juste avant sa réplique du plan : « I would too » - « ça me ferait plaisir à moi aussi »)

 

Petit moment romantique donc, immédiatement suivi par son penchant comique puisque c'est à ce moment précis qu'un couple excité rentre dans le bureau.

 

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L'arrivée du couple est précédée montrée à l'aide d'un panoramique vers la gauche. Théoriquement le mot « gauche » suffirait à nous inciter que cette entrée est filmée négativement, mais ce serait oublier que lors d'un panoramique vers la gauche, le mouvement à l'écran est vers la droite. Ducoup plutôt qu'une intrusion désagréable, l'arrivée du couple offre une légère pause dans la scène un brin tendue, permettant au spectateur de reprendre son souffle et servant en même temps de catharsis à John et Holly qu'une certaine (mais légère) tension sexuelle commençait à envahir. L'arrivée du couple va donc leur permettre d' « évacuer » cette pensée (bouh, les vilains) pour mieux se concentrer sur les points négatifs (le conflit étant la force motrice de tout récit qui se respecte).

 

Enfin, notons un détail sur la manière qu'a eu McTiernan de filmer le couple, à savoir que le panoramique « de base » ne cadre pas entièrement leurs visages qui sont dans un premier temps caché à la caméra (le fait que les acteurs font la tête à la caméra aide à la mise en scène du bouzin). Dans un premier temps donc, le couple est montré comme anonyme, représentant tous les couples s'envoyant en l'air dans les soirées pendant qu'on cuve son verre tout seul (ne mentez pas, vous êtes tous passé par là).

 

Seulement problème : à l'arrivée des terroristes à l'étage de la réception, ce couple est la seule victime de la méchanceté des méchants (ce sont les seuls que l'on voit maltraité, pour le reste il n'y a que des tirs en l'air, des gens qui courent dans tous les sens et quelques cris) et comme « plus réussi est le méchant, meilleur sera le film », il vaut mieux que le spectateur les aime un tant soit peu pour pouvoir détester un peu plus les méchants, et pour cela il faut – outre montrer leur arrivée avec un mouvement gauche-droite dans le cadre – qu'ils soient un peu humain, c'est-à-dire avec un visage dont les traits nous évoque des émotions. Et que fait la caméra ?

 

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Et voilà, il suffit d'un direction d'acteurs précise et d'un léger pano vers le haut pour donner plus d'émotion à l'arrivée des terroristes, lorsque la charmante femme ici présente se fera emmener de force les seins à l'air (ah, les années 80...).

 

Mais revenons à nos moutons.

Holly regarde le couple partir avec un air amusé, plutôt attendri. Et dans quelle direction regarde-t-elle ?

 

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Bingo ! Vers la droite, ce qui n'allait pas forcément de soi puisque dans le plan de départ du couple, le couple aussi regardait vers la droite. Un raccord regard « correct » aurait donc été un plan de derrière Holly où celle-ci regarde vers la gauche du cadre.

Mais comme McTiernan le sait bien, Holly n'est pas contre le couple, elle est plutôt sur la même longueur d'ondes, sentiment donné par les mêmes directions regards.

Holly, poussé par le couple, va donc faire preuve d'une certaine ouverture en disant « I missed you »- « tu m'as manqué », se plaçant ainsi en position de faiblesse par rapport à John (une sorte de « la balle est dans ton camp » puisque c'est de John que va dépendre la suite de la discussion, Holly s'étant enfin décidée à jouer cartes sur table).

 

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Enfin notons que de passer directement à ce plan permet de re-rentrer plus rapidement dans la discussion John/Holly, comme si le couple n'avait finalement aucune importance, comme si la réconciliation entre les deux n'appartenait qu'à un très hypothétique futur...

Néanmoins cet « indice » de ce qui va suivre est bien trop court pour être consciemment enregistré dans l'esprit du spectateur qui de fait garde l'espoir que la situation est sur le point de s'arranger.

 

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Le plan 12 confirme ce que le « I missed you » d'Holly laissait déjà supposer : John a maintenant l'avantage. Holly, cadrée à l'extrême bord du cadre quand bien même rien ne l'oblige à y rester (à l'inverse du Plan 2 donc), attend la réponse de John qui maintenant n'a plus d'autre choix que de sortir de son « cocon » [remarquons au passage la lampe de bureau dont le haut est maintenant du côté de John et le bas du côté d'Holly].

Comme je l'ai déjà dis, le spectateur n'est pas conscient de l'indice « négatif » donné par le raccord Plan 10/Plan 11 et de fait attend une résolution positive de la séquence.

 

Logiquement, John s'avance vers le bord de la porte (la porte signifiant donc le passage entre les deux mondes, celui fermé de John et celui plus ouvert d'Holly), seulement au lieu de la traverser il s'y arrête.

 

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« I guess you didn't miss my name » - « Mon nom ne t'a pas manqué »

Réponse sarcastique de John qui plutôt que d'utiliser l'ouverture d'Holly pour faire un pas de plus vers la réconciliation, préfère l'utiliser comme une faiblesse pour reprendre le dessus psychologique (il est important pour le personnage que l'échec de la « négociation » lui incombe).

 

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Holly est coincée droite cadre et la seule solution possible pour elle semble être d'aller encore plus vers la droite, de perdre du terrain par rapport à John...à moins qu'une autre solution s'offre à elle et la remette en position de force (ou au moins sur un plan d'égalité).

Que voit-on entre le bras et le tronc de John ? Quelle est cette « chose » sur lequel John n'a pas de prise malgré tous ses efforts ?

La lampe, donc le bureau, donc la société, donc la carrière d'Holly.

Et comment répond-elle à John ? En invoquant sa carrière pardi ! (« Les japonais craignent que les femmes mariées... »).

A partir de là la tension monte et le montage suit en accélérant pendant que le couple s'énerve à propos d'une querelle qu'ils ont visiblement déjà eu.

Mais là où l'on sent que l'on a un vrai cadreur derrière l'objectif, c'est qu'il ne s'est pas contenté de multiplier les plans en priant Dieu (ou Satan) pour que le montage parvienne à créer l'émotion voulue. Mais comment retranscrire la tension avec des plans fixes ? Pas de caméra à l'épaule, de zoom, de travelling, de panoramique, de tremblement quelconque... et pourtant sans posséder un nombre faramineux de plan ce passage parvient à absorber complètement le spectateur.

Alors comment qu'il a fait le père McT ? Hein ? La réponse est toute simple : il a réfléchi.

 

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Ainsi au plan 15, l'actrice interprétant remue son corps de façon discrète mais perceptible, puisque précisément dans un espace de cadre extrêmement restreint. Elle change également la direction de son regard (vous avez déjà essayer de regarder dans toutes les directions quand vous parlez à quelqu'un ? Essayez et vous verrez la réaction de votre interlocuteur...).

 

 

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Pendant qu'il parle, John lance quelque subtils regards vers la gauche du cadre (négatif). Sans faire de longs travellings, McTiernan exprime toute la violence et la dualité du personnage de McClane en colère (notons toute fois que cette économie de moyen pour ce plan précis n'est possible que grâce à la mise en place qui a précédé).

 

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Holly change la direction de son regard.

 

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Effet partiellement de montage puisque le changement d'échelle de plan créé en lui-même une « violence » retranscrivant le sentiment de leur dispute. Le fait que le changement d'échelle se fasse vers un plan plus serré renforce également le sentiment de colère éprouvé par John.

 

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Le mouvement du bras de John créé une tension dans le cadre.

A l'arrière-plan (et pile poil derrière le bras) Holly continue d'essayer d'éviter la conversation (de toute évidence le discours que lui tient John lui semble complètement dépassé et limite hors de propos, il n'est pas question pour elle de remettre en cause sa carrière).

 

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Retour au plan serré sur John qui relance quelque petits regards vers la gauche tout en parlant à Holly.

 

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Holly commence à être littéralement fatiguée de la conversation et doit déjà commencer à penser à sortir du bureau.

 

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L'idée continue d'être appuyée avec ce plan où Holly (ré-)apparaît en position de faiblesse par rapport à John qui pour le coup semble s'acharner inutilement sur elle.

 

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Malgré sa fatigue Holly décide de contre-attaquer...

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...jusqu'à l'arrivée de sa secrétaire. Son irruption qui interromps la conversation est vitale d'un point de vue scénaristique : elle créé une tension, une attente de la suite des évènements et de fait donne plus de puissance à l'arrivée des terroristes qui vont briser cette attente (la subtilité est que l'arrivée des terroristes est la véritable attente du film que la dispute sert à éclipser temporairement).

L'arrivée de la secrétaire n'est anticipé par rien du tout, il s'agit d'un nouveau plan montrant la porte du bureau s'ouvrir et la secrétaire apparaissant.

Plusieurs choses sont à noter dans ce plan. D'abord au niveau des lignes horizontales que l'on trouvait dans les plans d'Holly et que John a progressivement masqué. Ici elles reviennent en force.

Ensuite, elle est cadrée à droite ce qui est aussi le cas d'Holly.

Enfin, en rentrant elle regarde vers la droite, qui outre une direction positive, est surtout une direction qui devrait l'amener à regarder Holly...

 

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...or le plan qui suit est un plan sur John. McTiernan a ainsi choisi d'insister sur l'agacement de John face à l'intrusion de la secrétaire. Il faut bien voir que la secrétaire rappelle Holly à ses devoirs de cadre (ou quoi que soit son métier hiérarchiquement bien placé), l'empêchant ainsi d'être la victime de l'énervement de John. Encore une fois, Holly échappe aux prises de John grâce à sa carrière...

Visuellement, McTiernan a placé l'actrice de sorte qu'elle masque la partie descendante de la lampe, elle en brise la ligne. Elle n'est plus en position de faiblesse.

 

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Acculée gauche cadre, la secrétaire regarde John avec crainte. La porte créé une ligne verticale que la secrétaire ne brise pas (elle est derrière), elle est donc en position de faiblesse puisqu'elle n'a pas de prise sur son environnement.

 

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Le contre-champ sur John le montre en train de lui faire comprendre qu'elle n'est pas exactement la bienvenue, essayant d'accaparer toute son attention alors que Holly (le but de la venue de la secrétaire donc) attend droite cadre en position de force.

 

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Manque de bol pour John, son agressivité ne sert qu'à pousser la secrétaire à dire ce qu'elle a à dire un peu plus vite, se tournant vers le secours que constitue Holly.

A noter que l'angle de la caméra n'est pas le même que celui du plan 26. Ici le plan laisse apparaître un arrière-plan et notamment...des lignes, que la secrétaire peut donc briser, suffisamment forte pour pouvoir dire à Holly que tout le monde l'attend pour son discours.

Enfin, remarquons que la secrétaire est cadrée à gauche, ce qui la met en position de dialogue direct avec Holly qui est...cadrée à droite.

 

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Le dialogue entre Holly et sa secrétaire évite soigneusement John qui reste exclu (on a vu qu'il a en partie provoqué cette exclusion).

Comme le héros du film (en même temps que le personnage auquel le spectateur s'identifie) est John, c'est sur lui que l'attention se porte dans le cadre, il a donc droit à la netteté de la mise au point tandis qu'Holly reste floue...mais elle accapare l'attention par son échange avec la secrétaire.

On voit donc bien ici comment McTiernan invite le spectateur à « vivre » la conversation en équilibrant astucieusement les différents niveaux d'importance de chaque personnage.

Le couple Holly/John est crédible parce-qu'il s'agit avant tout d'un équilibre des forces (on évite ici le héros beau fort et musclé qui sauve une pauvre une frêle demoiselle, défaut régulièrement reproché au cinéma d'action par tous ses détracteurs).

 

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Retour au plan de la secrétaire acculée gauche cadre par le regard de John, elle quitte donc la séquence de son point de vue, un point de vue restreint, limité et sans profondeur de champ, un point de vue où le héros n'est pas à l'aise avec son environnement et où il se raccroche à ce qu'il connaît (Holly donc).

 

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Retour au plan « écrasant » Holly droite cadre. John a essayé de lui mettre la pression, manque de bol ça la fait fuir...

 

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...on inverse la direction pour avoir le départ de Holly vers la gauche (négatif) laissant la lampe bien en évidence (sa lumière se voit parfaitement bien grâce au contraste avec le fond noir).

Notons que ce plan rappelle furieusement le premier plan dans lequel c'était John qui traversait le cadre en amorce floue de droite à gauche. Encore une fois leur couple est bâti sur un équilibre des forces.

 

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Pour insister sur la solitude de John, McTiernan fait durer le plan (pas de coupe vers un plan plus serré par exemple). Sans Holly, John n'a plus l'avantage sur qui que ce soit, de position de force il passe à position de faiblesse.

Enfin comme le dit McTiernan dans le commentaire audio, John se tape la tête contre le cadre de la porte : il ne s'aime pas, il comprends qu'il a fait une erreur et s'en veut.

Seul, sa seule solution est de repartir vers la salle de bain.

 

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Retour au même plan que plus tôt dans la séquence, qui nous ramène à la notion de dualité du personnage.

Debout, John a la tête coupée par le cadre en « normal » tandis que son reflet a bien sa tête, tête qui regarde vers la droite. Sans tête, le John « normal » n'est ramené qu'à une montagne de muscles bête et méchante, le héros macho de base, opposé à l'image qu'il a de lui (ou qu'il aimerait avoir...) d'un être plus pensé, plus équilibré.

Alors que fait-il ?

 

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Il se baisse de sorte que son visage rentre dans le cadre. En se tournant de cette manière, le John « normal » est dirigé dans la même direction que le John « reflet ». Il s'accepte, et cette acceptation passe par une diminution de son ego.

Comme on est au cinéma, il va avoir l'opportunité de se racheter en faisant quelque chose qu'il sait faire : débarrasser le Nakatomi Plaza des « terroristes » pour regagner sa femme. Expulser son besoin de destruction pour réussir sa vie de couple en somme.

 

A suivre ? 

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Tous les commentaires de l'article:
Die Hard - analyse séquence (1)

  • David mailto

    lun 17 mar 2008 12:20

    Tres belle analyse, bravo , on attend la suite !

  • Janto

    sam 01 mar 2008 10:23

    William : tu sembles attacher de l'importance à la lampe comme symbole, mais elle est aussi une forme non ? Il ne s'agit pas juste de rappeler une idée, mais de faire passer une sensation avec une forme et une direction placée à un certain endroit dans le cadre.

    (tout ça bien sûr avec toute la prudence de mise dans chaque analyse)

  • williamlaboury mailto

    ven 29 fév 2008 00:24

    c'est parfaitement cohérent et très enrichissant, dans un style agréable sans trop de blagues.
    Je m'interroge quand même sur l'efficacité de certains procédés. Ok, Mac Tiernan a certainement pensé sa mise en scène de cette manière là, mais est-ce que ça fonctionne vraiment ?
    Je dirais oui pour les choses visuelles qu'on ressent (Holly coincée dans le coin, John enfermé entre deux lignes verticales..) mais pour ce qui est des symboles (la lampe comme symbole d'ascension sociale..) je n'en vois pas l'utilité directe dans l'efficacité du film, sinon de faire parler les analyseurs.

  • indalecio mailto

    mar 26 fév 2008 12:38

    Excellent ! Les beauf de Télérama & Cie en sortiron effectivement humiliés...

  • obs

    mar 26 fév 2008 03:11

    Bah il est vraiment bien ce texte. Vivement la suite, paraît-il imminente.