Depuis que je m'intéresse réellement au cinéma de genre de notre beau pays, je m'efforce modestement d'aller en saluer chaque tentative dans les salles obscures, et ce qu'elles soient de petites bandes horrifiques ou de plus gros budget à prétention populaire.
Aujourd'hui une nouvelle tentative : La jeune fille et les loups, dont l'affiche prometteuse (c'est déjà si rare en France !) m'attirait réellement. Bien décidé à lui donner sa chance, j'espérais secrètement (les espoirs fous sont toujours secrets) y trouver ne serait-ce qu'un honnête divertissement qui aurait la gentillesse de me faire passer un bon moment, voire de m'égayer mon après-midi (sait-on jamais ?). Et comme c'était finalement prévisible, ça n'est absolument pas le cas.
Car bien qu'à prétentions populaires, La jeune fille et les loups souffre du « syndrome français » : scénario bâclé qui ressemble plus à une version intermédiaire qu'autre chose, réalisation inepte, acteurs qui en font des tonnes, dialogues qui s'obstinent à se limiter dans des bons mots bien de chez nous, cadres ridicules, montage foiré et j'en passe. Bref, un ratage qui se ressent dès le générique du début (téléfilm powa!) et qui ne s'arrêtera qu'au générique de fin.
Et si je chronique ce film ici, ça n'est pas pur plaisir destructeur (je préférerais oublier ce film le plus rapidement possible) mais pour pousser une petite gueulante contre ce genre de film. Car du potentiel il y en avait (des loups, des méchants industriels, l'homme contre la nature, la guerre, l'appât du gain, l'innocence perdue, l'enfant qui est en nous, le côté animal de l'homme, l'homme à la recherche de lui-même, l'affirmation de la femme dans une société patriarcale, la folie comme dernier rempart contre le cynisme... je continue ?), mais bien évidemment son auteur a eu les yeux plus gros que le ventre, et plutôt que de vouloir honnêtement écrire une histoire « simple », correctement structurée et équilibrée, proposant son lot de moments forts, des personnages remarquables dont les personnalités, leur évolution et leurs confrontations nous diraient quelque chose d'intéressant, bref plutôt que d'essayer humblement de faire un film « bien », il lui a poussé des ambitions folles et le voilà parti sur douze pistes à la fois, mettant des plombes pour finir son film (ça dure 1h50 et j'avais l'impression que le film durait 3h, et le pire c'est que j'exagère à peine...). Et comme il a pas été foutu non plus de nous pondre une intro efficace et digne de ce nom, on se retrouve avec un film mal écrit de bout en bout, dont certains passages sont à la limite de l'insulte vers le spectateur (si je vous disais que le gros morceau de l'histoire commence parce-que Laetitia Casta veut convaincre un russe de l'emmener chasser l'ours polaire en Artique, que pour ce faire elle veut lui montrer les loups de sa région natale montagneuse, qu'ils partent voir ces loups en avion (!), que pendant le trajet Laetitia Casta a le mal de l'air et demande à atterrir, chose que bien évidemment le pilote accepte, et bien évidemment encore il ne trouve rien de mieux à faire que de tenter de se poser sur un endroit vaguement plat sur la montage (pour redécoller ils font comment ?) et qu'il se viande lamentablement en rentrant dans des arbres, après tout ça vous me croirez ?). Et bien évidemment je ne parle même pas du fait que Gilles Legrand (qui mérite d'être oublié à jamais) ait pu réaliser le film tant ses compétences mise-en-scéniques frôlent le zéros absolu (celui qu'ils essayent de nous faire ressentir dans le film à grand coups de neige carbonique).
Bref, un film désespérément mauvais, malheureusement bien représentatif du cinéma français...
luciefer
mar 02 déc 2008 17:46