Accueil Date de création : 28/10/07 Dernière mise à jour : 11/02/09 17:42 / 34 articles publiés

Die hard - une histoire de directions  (Analyse séquence) posté le vendredi 07 décembre 2007 15:25

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Il ne s'agit pas ici d'une analyse à proprement parler, plutôt d'une remarque sur un détail de mise en scène dont la constance prouve qu'il est loin d'être le fruit du hasard.

Ce détail de mise en scène, c'est la direction et la place dans le cadre. Car outre le traditionnel droite/positif gauche/négatif (en ce qui concerne les directions), McTiernan élabore ici une signification des directions propre au film et à chaque personnage, faisant toucher à Die Hard un niveau de sophistication mise en scénique rarement atteint dans le cinéma d'action. Voyons en image ce qu'il en est exactement.

Note : toutes les indications données ici le sont uniquement par rapport au cadre. Ne pas s'étonner si j'écris « il se tourne vers la gauche » alors qu'en réalité il s'est tourné vers sa droite .

 
John McCLANE

Le personnage de McClane est positivement cadré à gauche et dirigé/regardant vers la droite. Mais plutôt que de se contenter d'utiliser le sens de lecture occidental (de gauche à droite donc) pour lui donner ce sens positif, McTiernan élabore la signification des directions à travers une série d'interaction avec des personnages plus ou moins importants et des évènements naturellement associés à une certaine signification.

 

Interaction avec son voisin de siège dans l'avion. Le voisin est plutôt sympathique, il comprend le mal de McClane et lui donne un conseil pour y remédier. Regard vers la droite donc.

Pistolet, négatif. Cadré à gauche.

Regard avec la (charmante) hôtesse de l'air. Personnage insignifiant qui ne fait que détourner McClane de son but (voir sa femme). Regard vers la gauche (à noter que lors du contrechamps sur l'hôtesse, celle-ci regarde également vers la gauche ce qui est une infraction totale à la règle des 180°, et qui pourrait ici souligner le caractère inutile et artificiel du personnage de l'hôtesse).

Arrivée à l'intérieur de l'aéroport. L'arrivée est une avancée, quelque chose de positif. Cadré à gauche dirigé vers la droite.

 

Une femme saute sur son petit ami qui vient d'arriver avec l'avion. Regard dédaigneux de McClane (« La Californie... ») et inutilité des personnages. Regard vers la gauche.

Rencontre avec Argyle, son chauffeur. Personnage qui attire la sympathie par sa maladresse et son ignorance du métier de chauffeur, il apporte une certaine bonne humeur au film et fait partie des gentils puisqu'il sera impliqué dans le conflit. Regard vers la droite.

 

Notons que la voiture (américaine, donc avec le volant à gauche) permet à McTiernan de filmer les deux bonshommes de face en conservant cette règle de McClane à gauche et Argyle à droite.

Arrivée dans le hall du Nakatomi Plaza, échos avec l'arrivée à l'aéroport, connotation positive. Cadré à gauche dirigé vers la droite.

« Concierge » de l'immeuble sympathique qui fait une remarque ironique sur l'utilité du « cute toy » de la réception ne servant finalement qu'à la mise en scène. De plus, le « concierge » étant la première victime des méchants du film, il vaut mieux lui accorder une place positive vu que logiquement, les méchants seront à gauche. Donc McClane cadré à gauche regarde vers la droite, le « concierge » cadré à droite regardant vers la gauche.

Dans l'ascenseur, McClane est nerveux, il sait qu'il va pénétrer dans un univers qui n'est pas le sien. Cadré à droite, dirigé vers la gauche.

A la réception, il accepte un « verre de champagne » (rouge ?). Mais à peine en a-t-il bu une gorgée qu'il fait la grimace et le pose sur un plateau d'un serveur en se tournant...vers la gauche.

Un membre de la fête entre alors dans le champs par le gauche et l'embrasse. Gêné, McClane regarde naturellement vers la gauche...

...avant de réaliser ce que l'homme vient de faire, et de se tourner pour le regarder vers la droite (et avec le sourire !).

 Rencontre avec Takagi, personnage positif, courtois (il a envoyé la limousine), souriant et...victime des terroristes. Regard vers la droite donc.

 

Ils entrent dans le bureau de Holly. McClane ne s'y sent pas chez lui, il est gêné et cela lui rappelle le fait que sa femme a quitté New-York pour L.A. Direction la gauche donc.

  

Rencontre avec Ellis, le personnage haïssable par excellence. Regard vers la gauche donc.

 

Entrée de Holly, par la droite évidemment.

On arrive alors rapidement à une scène entre Holly et John qui joue complètement sur ces directions (mais...une autre fois hein...parce-que là non...).

 à suivre... 

 

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Tous les commentaires de l'article:
Die hard - une histoire de directions

  • Stefff56

    mer 27 fév 2008 09:14

    Je suis très très interessé par ton analyse. A quand la suite ?

  • Janto

    mer 02 jan 2008 17:39

    Peut-être que je me goure complètement, mais je suis persuadé que chaque film doit commencer par élaborer des "règles" dans son univers, dans sa mise en scène, pour pouvoir les ré-utiliser (ou les détruire) par la suite.
    A mon avis ce travail sur les directions sert à clarifier les choses, de façon à ce que jamais on ne se demande ce qui se passe (c'est sûrement pour ça d'ailleurs que pas mal de gens rigolent quand on cite Die Hard en référence, c'est tellement claire, limpide et efficace que ça leur est inconcevable que ça nécessite un énorme boulot de réal').
    Ensuite, ces "règles" servent de référent inconscient et permettent au réal' de garder une cohérence tout au long du film tout en libérant sa "mise en cadre".

    Faudrait que je publie la suite de ça avec l'analyse de la seule séquence entre McClane et Holly d'ailleurs, séquence qui utilise encore les directions (et qui est par ailleurs une illustration parfaite d'une mise en scène invisible). Ouais, faudra que ja la publie...

    (un jour)

  • william

    mer 26 déc 2007 23:41

    ok tu as surement raison, Mac Tiernan a dû penser ses cadres de cette manière.. Mais je reste sceptique sur l'efficacité d'un tel procédé, même inconsciente..