Accueil Date de création : 28/10/07 Dernière mise à jour : 11/02/09 17:42 / 34 articles publiés

Hypnose - la qualité a du bon  (Critiques) posté le mercredi 28 novembre 2007 16:53

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Amoureux des structures parfaites et invisibles, David Koepp est, à l'image de Paul Shrader, surtout connu pour son travail de scénariste, moins pour son travail de réalisateur. Il faut dire que quand on compte à son actif des scénarios tels que ceux de L'impasse, Spider-man ou encore La guerre des mondes, difficile de porter beaucoup d'attention à un film tel que Fenêtre secrète, tristement connu pour être une adaptation attendue et ratée de Stephen King. Mais avant cela, Koepp avait signé un petit film sans grande prétention et parfaitement honnête dans sa facture, ce film, c'est Hypnose.

Hypnose ou comment une petite histoire de fantômes sert un propos acerbe sur une société américaine (ou société contemporaine tout court, cessons de ne voir que la poussière dans l'oeil de notre voisin que diable !), société sur laquelle il suffit de gratter un peu la sophistication apparente pour trouver des choses bien moins reluisantes, genre secret honteux et inavouable. En cela, le film est relativement proche de The Fog de Carpenter (paix à son âme), bien que ce dernier parlait plus des fondements de la société que de son fonctionnement.

Mais avant d'être un propos contestataire (chose qui visiblement suffit de nos jours à faire dire à nos gentilles critiques qu'un film est bon ou qu'un réalisateur est un auteur, tant que la contestation reste aux États-Unis of course), Hypnose est avant tout un film bien écrit, bien réalisé, bien joué, bref un film honnête et intègre qui ne prend jamais son spectateur pour un con, ce qui est son plus grand atout mais aussi son plus grand défaut.

En effet, en tout bon artisan qu'il est, Koepp décrit ses personnages et leur situation initiale avec une efficacité rare, privilégiant la profondeur et la crédibilité des personnages à une surenchère horrifique débile (l'aspect horrifique n'intervenant que par petites touches qui gardent à chaque fois leur efficacité). C'est là qu'intervient le plus gros problème, puisqu'à force de rendre ses personnages cohérents et à mettre en place des situations logiques, Koepp finit par rendre tout son film prévisible (en gros dès le début du film on peut deviner la fin à quelques morts près), jusqu'aux séquences mêmes (passée la première demie-heure, n'espérez plus être surpris). Alors bien sûr je peste contre la prévisibilité du film, mais il faut admettre que ce travail s'avère payant dans la mesure où le film va au delà de son aspect horrifique pour proposer des personnages fouillés (enfin pas trop quand même, mais plus que la normale quoi) et un propos somme toute intéressant. Et puis voir un respect du spectateur si grand (chaque action étant anticipée par un petit détail pour éviter l'écueil du deus ex machina) donne au film un capital sympathie non négligeable.

Malheureusement ce scénario est quelque peu entaché d'une réalisation souffrant le syndrome du « scénariste-qui-a-confiance-en-son-histoire-et-qui-veut-se-la-jouer-sobre-en-respectant-son-spectateur ». C'est d'ailleurs de la réalisation que provient une bonne part de la prévisibilité, puisque insistant un peu trop sur « ces petits détails qu'on remarque pas tout de suite mais qui prendront sens après ». Outre cette prévisibilité il y a le problème de la sobriété voulue par Koepp. Si cette sobriété est en soit bienvenue, un peu d'efficacité supplémentaire (pour le climax notamment, bien trop mou) ne lui aurait pas fait de mal. Mais ne crachons pas dans la soupe pour autant, le film délivrant un certain nombre de moments parfaitement « mise-en-scéniques » avec une certaine efficacité (la première apparition du fantôme, la dent), amplement suffisant pour maintenir la tension tout au long du film (sauf au climax bien trop mou donc).

On regrette aussi des personnages fonctions pas assez exploités (le militaire « bonjour je donne des infos au spectateur », la soeur « salut je viens déclencher un tilt chez le héros ») et des acteurs un poil pas assez crédible (j'ai dis un poil hein, c'est-à-dire qu'on y croit mais pas trop quand même, genre bien mais manque de vie, un poil pas assez crédible quoi), notamment le petit garçon (même si son personnage évite l'écueil du « Damien like » en étant finalement parfaitement naturel).

Mais au delà de ça, Hypnose parvient à convaincre car c'est tout simplement un bon film. Certes imparfait (la prévisibilité désolante étant son plus gros défaut) mais finalement parfaitement sympathique, le genre de film qu'on n'hésitera pas à regarder plusieurs fois quand il pleut un peu trop dehors (enfin je dis ça mais j'aime bien la pluie, enfin bref quand dehors le temps ne vous convient pas quoi).

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Tous les commentaires de l'article:
Hypnose - la qualité a du bon

  • jonathanplacide

    mar 11 nov 2008 22:31

    Moi au niveau de la mise en scène, je me souviens, même si ça commence à être loin, que j'avais adoré la séquence d'hypnose justement.
    Faut que je revois ce film.