Accueil Date de création : 28/10/07 Dernière mise à jour : 29/11/11 12:44 / 37 articles publiés

tournage - Poussières de Nuits  (news) posté le mercredi 25 août 2010 10:29

Blog de janto :Aimons le cinéma, tournage - Poussières de Nuits

Comme à WinMad on aime bien naviguer de poste en poste, j'ai profité du désistement du directeur photo de Poussières de Nuits (ou Dusts of Nights, en anglais ça sonne mieux) de Kévin Durand pour tester ce poste si important, surtout sur un tournage un minimum important (= pour moi 7 jours à 13h par jour minimum, il faut un début à tout), et surtout avec un réalisateur très exigeant.

Résultat ? Un tournage épuisant, des nuits courtes, des litres de café (qui au final ne fait plus effet), de la steadycam (une horreur à éclairer dans un couloir étroit), de la luma, de l'extérieur (jour ET nuit, sinon c'est pas drôle), des chorégraphies compliquées et surtout une organisation bordélique, ce qui n'aide pas à gagner du temps.

Mais dans tout ça, on trouve finalement son bonheur parce que malgré la fatigue, malgré l'organisation balbutiante, Kévin Durand (réalisateur donc) sait ce qu'il veut et il le sait bien, les plans sont motivants et le résultat est à la hauteur. On a du matériel, mais pas trop non plus, alors on bricole, on trouve des astuces pour créer l'ambiance voulue, on s'arrange avec les problèmes et on apprends (plus jamais un seul tournage sans étalonner les écrans avant !), on tatonne, et on en ressort content.

Content ? Oui, mais un peu inquiet aussi, parce que à force de travailler autant dans l'obscurité, en voulant pousser les limites de la caméra, on se retrouve peut-être à faire des erreurs... Et ducoup, rendez-vous à l'étalonnage (que je ferais) qui promet d'être une étape passionnante pour ce film !

En passant je tiens à remercier mes deux assistants : Haman Hamanzz et Abdellah Jamad qui m'ont merveilleusement secondé pendant ce tournage !

 

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Vengeance  (news) posté le mardi 24 août 2010 17:42

Blog de janto :Aimons le cinéma, Vengeance

Tourné en juin dernier, "Vengeance" est mon dernier court-métrage. Que raconte-t'il ? Tout est dans le titre, et le film est suffisamment court pour se passer de résumé. Comme d'habitude, le tournage a été assez éprouvant (des horaires plutôt durs) et cela s'est fortement ressenti sur toute l'équipe.

Le bon côté, c'est que tout le matériel nécessaire a pu être filmé, et même plus encore ! Grâce à la rapidité d'exécution de Pascal Mairin (directeur de la photographie) et aux initiatives de Guillaume Thollin (cadreur), toute la matière est là, prête pour le montage que je vais commencer très très prochainement...

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Du nouveau !  (news) posté le mercredi 16 juin 2010 23:58

Blog de janto :Aimons le cinéma, Du nouveau !

Je ne suis pas mort !

Si j'ai laissé de côté ce blog ce n'est par inintérêt mais tout simplement que dans mes études, mes expériences concrètes et surtout ma vie personnelle, j'ai trouvé beaucoup moins de temps à consacrer à la rédaction d'articles dignes de ce nom, et comme je ne veux pas écrire dans le vide, j'ai arrêté (je garde sous le coude le projet de terminer l'analyse de 1001 pattes).

En fait, récemment se sont concrétisés toute une série de projets qui couvaient depuis longtemps. D'abord, le montage d'un making-of de Necrofolies (un court-métrage burlesque très rigolo), tourné en septembre dernier. Ensuite, le montage de Gontrand vs Gredin d'un court-métrage à moi que j'ai tourné en novembre dernier (et qui m'a fait le plus grand bien). Puis la réalisation d'un projet plus important (bien que le film final sera sûrement assez court) intitulé Vengeance et dont le tournage s'est déroulé du 31 mai au 4 juin dernier. Tournage plus complexe à tous les niveaux (acteurs, plans, lumière, décors...), il m'a également bien occupé. Et puis à côté de ces projets personnels, beaucoup d'expérience : scripte, assistant réalisateur, et surtout assistant lumière et directeur photo sur des projets visuellement motivants. Le dernier en date : Laissez-moi sortir de Gabriel Vincent (ou Gabriel Wink), dont la première scène a été tournée aujourd'hui même. Très bonne expérience, très bons acteurs, très bon décors, et surtout suffisamment de temps pour me permettre de faire correctement mon travail.

A côté de ça je monte l'année prochaine sur Paris pour entrer à l'ESRA et apprendre plein de nouvelles choses, rencontrer plein de nouvelles personnes et faire encore plein de nouvelles expériences !

Je compte ne pas laisser ce blog mort, donc je l'alimenterais d'une part très prochainement en photos de tournage, en vidéos, etc. mais aussi en nouvelles de projets et en analyses que je compte bien reprendre !

A très bientôt donc !

 

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The insider - analyse Bergman/Cheick  (Analyse séquence) posté le mercredi 11 février 2009 17:42

Blog de janto :Aimons le cinéma, The insider - analyse Bergman/Cheick

 

Aujourd'hui (enfin je dis ça, ça sonne comme si je faisais une mise à jour régulièrement...), nous allons nous intéresser à un film du très respecté Michael Mann : The Insider (aka Révélations en français). Ce qui nous intéresse ici, ce sont les scènes de dialogues (assez incroyables, il faut bien le dire), et notamment la première entre Al Pacino et le Sheikh.

 

Le générique d'introduction nous a montré un homme portant un bâillon, dans une voiture conduite (et escortée) par des gens armés qui font visiblement autorité dans les rues qu'ils traversent (on peut voir qu'ils n'ont aucun souci à conduire à toute allure dans des petites rues et que les barrages tenues par des militaires les laissent passer sans problème).

 

Jusque là, le personnage d'Al Pacino (aka Lowell Bergman, mais pour le moment nous n'en savons rien) est en position de faiblesse et tout porte à croire qu'il est tenu en otage par les gens armés.

 

Des gens le sortent de la voiture et le conduisent à l'intérieur.

Maintenant voici un plan un peu étrange.

 

Les plans précédents ont établi que la direction du « voyage » de Pacino est de la droite vers la gauche. Ici, la porte est située droite cadre, il serait donc logique que Pacino en sorte (escorté) puis se dirige vers la gauche, d'autant que le plan reste pendant quelques secondes sans rien.

Au bout de quelques secondes, on aperçoit une ombre sur le mur qui bouge et Pacino entre dans le champ par la droite...mais pas par la porte ! Le spectateur a cru un instant maîtriser ce qui allait se passer, mais il n'en est rien.

Michael Mann n'a brisé aucune « règle », il ne s'est pas amusé à détruire la compréhensibilité de la scène, mais via cette subtilité infime il parvient à établir émotionnellement le fait que Pacino ne contrôle rien : il n'est pas dans son monde, il ne maîtrise pas les règles, il n'a aucune carte en main, et lorsqu'il s'assoit en face du Sheikh, il est l'homme le plus faible du monde.

Pacino est emmené au fond du couloir à droite et il sort du champ, pour réapparaître dans un autre plan qui raccorde géographiquement avec ce qu'on vient de voir (même si nous ne faisons que le déduire).

Al Pacino est emmené et il traverse le cadre de gauche à droite...

...et il révèle en passant la présence du Sheikh, lui donnant ainsi une entrée de champ "naturelle" (ça n'est pas un effet de caméra) et qui lui donne une certaine puissance (le Sheikh est dans le cadre avant que nous le sachions, et il n'a rien à faire pour se faire voir).

Petit détail important : la majorité des plans montrant Al Pacino en voiture indiquent une direction vers la gauche. Quand il est sorti de la voiture pour entrer dans le bâtiment, c'est aussi vers la gauche, et le premier plan à l'intérieur du bâtiment le montre toujours emmené vers la gauche...jusqu'à ce qu'ils tournent à droite au fond du couloir (voir trois captures plus haut) juste avant de rencontrer le Sheikh.

Autrement dit, les directions nous informent de l'importance du Sheikh avant même que l'on ne l'ai vu, et lorsque nous le voyons pour la première fois nous n'avons absolument aucun mal à saisir l'idée que cet homme assis dans une salle poussiéreuse sur une chaise quelconque est un personnage d'une extrême importance.

 

Al Pacino est ensuite assis sur la chaise en face du Sheikh.

Pacino reste un peu perdu pendant quelques instants, il ne sait pas où il est et on sent qu'il se pose des questions. Mais cet état sera dissipé par la question du Sheikh :

"coffee ?" ceà quoi Pacino réponds "yeah, thank you", suivi du premier gros plan sur Pacino de la scène.

Ce premier gros plan nous montre deux choses : 1) Pacino regagne de sa "puissance, et 2) que cette "puissance" passe (pour le moment) par le Sheikh puisqu'il a fallut attendre sa demande pour avoir ce gros plan.

Quelques plans plus tard, arrive ceci :

le Sheikh est montré comme puissant, il contrôle la scène, il est en lumière, il est physiquement dans une bonne position (là où Pacino est un peu courbé). Au niveau du dialogue, il est en train de demander à Pacino pourquoi il devrait accorder une interview à "pro-sionist american media", et le ton utilisé dénote un certain mépris pour ce que représente Pacino.

C'est là que Pacino commence à répondre, il contre-attaque et lance la première salve. Il est calme, calculé, sa réponse est savamment argumentée et le présente comme un homme réfléchi.

Au niveau des plans, cela se traduit par un retour à la première situation :

Ce plan nous ramène au début de l'échange, ce qui indique la capacité de Pacino à repousser l'attaque du Sheikh : Pacino sait que le Sheikh a besoin de lui.

Restant sur ses gardes, le Sheikh émet ses doutes : "Perhaps you prove journalism objectivity and I see the questions first. Then I decide if I grant the interview.", mettant ainsi en péril le contrôle (relatif) que Pacino vient de regagné. Il doit donc lancer la deuxième attaque, la grande, celle qui fera trembler les murs et qu'on entendra jusqu'à la lune (au moins) : car Pacino va maintenant défendre son honneur, sa raison d'être, son intégrité, il va défendre ses qualités, celles qui vont lui permettre d'aller si loin avec le personnage de Wigand pendant le film, inutile de dire que les enjeux sont grands !

Tout commence tranquillement par un petit zoom avant assez discret sur Pacino qui commence son discours : il gagne de la force, il contrôle la caméra, le Sheikh perd de l'importance dans le cadre.

Et puis là pouf, le grand jeu : raccord dans l'axe, Pacino en gros plan ! Aucun doute à avoir, Pacino sait de quoi il parle, et ça lui tient à coeur de le dire.

Ce raccord (assez abrupt) montre même que Pacino n'est plus dirigé vers le Sheikh (il regarde vers la droite du cadre, le Sheikh est à gauche), montrant son indépendance par rapport à tout le monde (et spécialement par rapport aux forces politiques, ce qu'est le Sheikh).

Mais là, on n'a encore rien vu, car Pacino va sortir le grand jeu, le vrai, celui qui fait mal, attention... :

Boum ! Inversion d'axe ! Jusque là Pacino était à droite, le Sheikh était à gauche, et voilà que Pacino est à gauche, et le Sheikh à droite. Ce genre de chose se fait rarement (du moins volontairement), sans au moins s'assurer d'expliciter le changement d'axe. Ici rien, que dalle, le changement est direct et très abrupt. Ce n'est pas nouveau (John Ford faisait déjà ça) mais ça reste osé, et surtout ça reste efficace. Ici, l'inversion d'axe correspond à la prise de pouvoir de Pacino qui devient tout d'un coup l'égal du Sheikh, situation indispensable à la bonne réalisation de l'interview.

Cette situation d'égalité se retrouve dans les deux plans suivant :

Les deux personnages sont cadrés similairement, chacun héritant de la place en amorce et au centre du cadre. L'interview va pouvoir se dérouler.

Plus tard dans la scène, le Sheikh va partir laissant Al Pacino et son technicien (que l'on voit dans le fond du cadre trois captures plus haut) pour préparer la réalité technique de l'interview.

Plus important, Al Pacino va téléphoner, et pour ce faire il va vers la fenêtre et en tire les rideaux, de sorte qu'il téléphone devant un arrière-plan de ville ("ville" renforcée par les sons de klaxon quand il ouvre les rideaux), ce qui va avoir son importance dans le film : Pacino est un homme de la lumière, il est un homme de la vérité, et il est un homme de l'opinion public. Le combat du film va maintenant pouvoir commencer.

 

Jean-Thomas Miquelot

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Speed Racer - franchissement d'axe  (Analyse séquence) posté le mercredi 03 décembre 2008 10:22

    Ceci n'a pas pour but d'analyser l'intégralité du film mais de faire une simple remarque sur une petite tricherie utilisée par les Wachowski dans leur génialissime Speed Racer. Il est préférable d'avoir vu le film pour profiter du "truc", mais aucune révélation ne se trouve dans l'article.Note : pour avoir les photos en HD, cliquez sur les images.

    Lors d'une course en montagne, Speed sort de route et dévale la montagne.


Puis la voiture de Speed saute pour aller de l'autre côté.



Arrive alors un plan depuis le côté gauche qui montre l'atterrissage de la voiture :



Puis Speed remonte la pente, ça commence sur son visage...



Et ça continue avec son pied (esprit => corps => pied)


Pied => moteur => roue


Roue => voiture



Et de là il revient sur la route pour donner une petite leçon au concurrent qui avait provoqué sa sortie de route.

 

Si j'ai bien fait mon boulot, vous ne vous êtes rendu compte de rien : vous venez d'assister à une séquence banale (même sans notion de """"réalisme""""), servie par un découpage élégant mais finalement assez simple.

Sauf que...

Sauf que lorsque Speed a quitté la route, il a dévalé la montagne pour sauter sur le versant d'en face. Et quand il revient donner sa leçon au concurrent, il n'a pas re-sauté sur le versant d'où il venait, et il est très peu probable que le concurrent ait pu changer de versant, ne serait-ce parce qu'ils se trouvent à des altitudes élevées où les montagnes ne communiquent plus entre elles (ou tout simplement parce qu'à aucun moment les Wacho ne nous l'ont montré changer de versant).

Autrement dit, nous venons d'assister à une énorme incohérence, incohérence que pourtant personne n'a remarqué !

Ce qu'on fait les Wachowski, c'est jouer sur les directions : lorsque Speed descends, c'est vers la gauche. Lorsqu'il remonte, c'est vers la droite, ce qui donne au spectateur la sensation que Speed a dévalé et remonté le même versant (ce qui est objectivement faux). Le changement de direction a pu être opéré grâce au plan d'atterrissage de la voiture : de face, il permet de faire la transition entre la gauche et la droite. Lorsque Speed se lance sur le versant opposé, c'est vers la gauche, mais nous ne le voyons jamais monter ce versant vers la gauche (uniquement vers la droite), c'est-à-dire qu'émotionnellement nous ne l'associons pas à la gauche mais à la droite, le côté d'où vient Speed et où se trouve la route de son concurrent, ça n'est pas le versant opposé !

Par cette pirouette, les Wachowski économisent ainsi le fait soit de montrer le concurrent prendre une route qui (ô chance !) serait justement au dessus de la pente que remonte Speed, soit de montrer Speed re-sauter sur son versant d'origine tout en restant dirigé vers le haut pour remonter (ce qui l'obligerait à faire un demi-tour à 180° sur une pente pareille sans perdre sa vitesse, essayez d'imaginer la scène...). Ils réussissent à créer à l'écran quelque chose qui est impossible, mais qui par la magie du langage cinématographique finit par couler de source.

 

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